Lundi 1 février 2010
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17:51
C'est pas dit, mais bon on fera comme ci.
Après mes péripéties de découverte de la liberté sans papa, maman, grande soeur, deuxième grande soeur et vie bordelaise bien rangée, la liste de mes découvertes à coucher sur ce blog s'est
fortement mais vraiment fortement réduite.
Mais la nouveauté est au coin de chaque rue, et j'ai ainsi eu le plaisir de donner un cours de français à une étudiante chinoise répondant au doux nom de 周莉.
Avouez que ça déchire comme nom n'est ce pas? A partir de là, en tant que bon occidental obtu que je suis, je me dis que la partie est bien
mal engagée, pour lui enseigner quoi que soit. En effet, c'est pas évident de prendre contact avec quelqu'un si vous connaissez pas son nom.
Heureusement, la demoiselle est habile et a trouvé un prénom occidental pour qu'on puisse communiquer dans la langue de Shakespeare: Lili. De plus, un exploit est à noter, elle est certainement
encore moins douée que moi pour l'anglais.
Ainsi, c'est sur ces bases parfaitement saines que je peux commencer mon travail de "french teacher".
Lili apprend le français depuis quelque mois maintenant à l'aide d'un manuel utilisant aussi un CD audio afin de mémoriser des dialogues communs pour n'importe quel touriste en villégiature en
France.
Là, on arrive au moment où je suis obligé de dénigrer mon propre pays, car ce qu'il faut savoir c'est que Lili devait faire son Erasmus en France, dans la ville de "Chat-d'eau" (apparemment
c'est Bordeaux prononcé à la chinoise, mais j'ai bien mis 20 minutes avant de comprendre), mais elle prit peur lorsqu'elle entendit dire que les Français étaient "véli mine" (very mean) avec
ceux qui ne parlent pas leur langue, et elle partit donc en Suède nourrissant l'espoir secret d'apprendre par elle-même la langue de Molière afin de survivre dans la jungle hostile qu'est la
France pour les étrangers. Merci la réputation...
Donc, je me charge de son éducation française avec l'aide de ses nouveaux amis Anne Murdoch, écossaise de son état et consultante en ingénieurie, arrivée en région parisienne pour passer quelques
vacances dans un petit hôtel et dont on apprend successivement qu'elle est célibataire sans enfants, qu'elle aime faire de la natation deux fois par semaine avec ses copines et qu'elle a galéré
pour trouver une banque à son arrivée en France.
Accompagnant Anne, on retrouve Jacques et Chantal, couple séjournant dans le même hôtel que l'écossaise parce que monsieur fait des affaires à Paris et sa dame se repose puisqu'elle est à la
retraite, a plein de hobbies et parle beaucoup de ses merveilleux enfants.
Vous vous en doutez les dialogues qu'elle apprend par coeur pour améliorer sa prononciation du français sont aussi palpitants qu'apprendre par coeur l'annuaire téléphonique des vendeurs de tapis
du Kirghizistan.
Néanmoins, maintenant Lili devrait savoir se présenter, commander à boire un café, demander son chemin, dire ce qu'elle aime dans la vie après ce cours.
Mais, c'est en l'enseignant que je me rends compte que c'est bien difficile d'arriver à maitriser notre langue, la pauvre était complêtement perdue, il suffisait que je lui énonce une règle de
prononciation pour que derrière une exception arrive...
Détail marrant: ils ont vraiment du mal avec les R/L et les D/T, et surtout n'essayez pas de lui faire prononcer "exercice" ça va être compliqué.
ps: pour rebondir sur mon article précédent, j'ai fais ça bénévolement bien entendu!
This is my experience of teaching french to a chinese girl in Lund.
Par Swedish-Junior
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